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Dimanche 13 août 2006

Schizocérose § 01 - Songe d'une nuit d'été

Salut, moi c’est Léon, il m’arrive un truc complètement dingue. J’ai une double vie, comme un schizophrène sans la pathologie. Mais avant d’entrer dans les détails de mon histoire, je crois qu’il est nécessaire que je remonte un peu dans le passé, quand tout a commencé. Car finalement, tu es le seul dépositaire de mon histoire. Si je racontais çà à mon entourage, les gens me prendraient pour un fou. Mais peut être le suis-je vraiment ??… Aller savoir.

Enfin avant de commencer, faisons le point sur ce que j’étais avant les événements de ces derniers temps. J’étais ce que l’on pourrait appeler le commun des mortels. Né vers la fin des années soixante-dix, alors que la France se remettait de ses trente glorieuses avec une sérieuse gueule de bois, j’ai toujours vécu en banlieue parisienne dans une de ces communes avec un nom à rallonge du genre Saint-Trifouilly-sur-Oise que l’on voit tout le temps sur les plans du RER. J’ai eu une enfance tout ce qui a de plus banale, partagée entre des parents protecteurs, l’insouciance de l’enfance et la découverte de la vie. Puis vint l’adolescence avec son lot de soucis pour les parents : les premières soirées, l’alcool, la clope et les filles bien évidemment.
Mais bon d’un tempérament plutôt calme et réservé, j’ai survolé mon adolescence paisiblement à la grande satisfaction des mes parents enorgueillis. Et puis, il y a eu les études et le choix cornélien entre le scientifique ou le littéraire, moi j’ai opté pour le social, enfin socio-éco. Puis voilà guidé par mon père, expert comptable dans une petite entreprise, et surtout par mes résultats, je me suis retrouvé à faire une école de commerce. Mais si la matière ne m’intéressait pas plus que çà, il s’est révélé que j’étais assez doué pour manier les chiffres.

Voilà conclusion de mon histoire, jusque là d’une banalité affligeante, je me retrouve à la Défense, quartier dévoué au business, à bosser chez un grand assureur, à manipuler des chiffres toute la journée. J’habite à Paris dans un petit appartement que je loue pour une somme exorbitante et tous les jours, je prends le métro pour mon quotidien métro-boulot-dodo. Sinon à côté de mon boulot peu épanouissant, je mène une vie d’ascète.
Socialement, je suis assez stérile de ce côté là. J’ai de vagues connaissances et finalement les gens que je côtoie le plus sont mes collègues de bureau et la caissière du supermarché. Sinon comme tant d’autre, je vis seul. Parfois une rare aventure vient temporairement épicer le quotidien. Enfin jusque là, j’avais une vie plutôt maussade. Et parfois je m’en contentais.

Puis un soir en revenant du boulot, en sortant du métro, une femme me bouscule. Elle se retourne, s’excuse avec un sourire radieux et une voix suave qui fait vibrer mon échine. Mais moi c’est dans ces yeux que je me noie. Soudainement, tout semble au ralenti. Un instant qui dure une éternité. Les gens bourdonnent autour de moi, mais ce ne sont que de vagues formes dans une brume de bruit.
Je crois que c’est ce que l’on appelle communément le coup de foudre. Et puis son visage se retourne doucement et soudain elle reprend sa course effrénée sur ses talons hauts. Et là le temps rattrape son retard et tout s’accélère. Un gros monsieur me bouscule et me lance un " Mais enfin, restez pas en plein milieu ! ". Alors j’obtempère et rattrape ma "bousculeuse" sur talons. Je grimpe les escaliers trois marches par trois et déboule dans la rue. Et là, je la vois. Elle se jette dans les bras d’un homme appuyé sur le capot d’un petit roadster. Ils grimpent à l’intérieur. La voiture démarre avec un petit crissement de pneu et me laisse seul sur le trottoir un peu hagard.

Le soir, comme d’habitude, j’aime bien un peu bouquiner avant de m’endormir. Les livres ont parfois cet effet bizarrement soporifique. Je tourne la page, je sens mes yeux qui picotent et se ferment. La fatigue me gagne, je pose mon livre, éteins la lumière. Mais finalement le sommeil ne vient pas, j’ai raté le coche. Je revois ce visage : un sourire radieux encadré de deux lèvres pulpeuses comme pour mieux mettre en valeur ce tableau. Des yeux bleus enjôleurs contrastant avec une peau bronzée. Et des cheveux d’un noir soyeux relevé en un chignon découvrant une nuque allongée sur laquelle on a envie de déposer des baisers. Alors je m’imagine qu’avec ce portrait digne d’une madone de Botticelli, tous les traits de cette femme sont en accord pour magnifier cette beauté physique. Je me verrais bien couler des jours heureux en sa compagnie. Mais non, c’est un autre qu’elle a trouvé.

Du peu que j’en ai vu, c’est sûr que le mec était plutôt beau gosse, bien sapé et vu la voiture, il devait avoir un compte en banque bien alimenté par un métier sûrement passionnant. Ah, je me retourne et me re-retourne dans mon lit pour trouver le sommeil. J’entortille mon drap dans tous les sens. Je m’épuise à chercher la position adéquate. Et puis le climat est lourd, orageux. J’entends des grondements et les éclairs éclairent ma chambre comme si elle était sous le feu des flashs de paparazzi. Je m’épuise, je veux dormir, je veux dormir. Puis, un ploc vient frapper la vitre, un autre, puis un autre. Ploc, plic, ploc… Un nuage s’est crevé et déverse généreusement son contenu. C’est la mousson sur Paris. J’ai la fenêtre entrouverte, je croise les doigts pour éviter l’inondation mais me refuse à me lever pour la fermer. Puis mon corps en sueur, se détend comme l’atmosphère. Et je plonge dans un sommeil profond et pénétrant.

Je me réveille dans la nuit. Le calme m’a réveillé. Je n’entends plus la pluie, mais un murmure comme si des vagues venaient s’effondrer juste en bas de chez moi dans un bouillonnement d’écume. Et je songe à "Paris plage", je me dis que l’orage avait finalement bien tout de la mousson. Que voilà finalement Paris engloutit sous les flots. La tête dans le brouillard, je m’avance d’un pas hésitant vers la fenêtre, guidé par la faible lueur nocturne de la lune, pour constater les dégâts. Non tout va bien le sol est sec. Tient d’ailleurs je ne comprends plus rien, ce n’est pas mon ignoble moquette que je sens sous mes pieds, çà tout l’air d’être du parquet. D’ailleurs quand je marche, le bois grince faiblement mais sûrement. Je regarde à travers la fenêtre et contemple benoîtement le reflet de la lune sur la mer. Hein, tu m’as bien entendu, je contemple stupidement la mer parce que je n’ai jamais vu la mer depuis mon petit appartement parisien.
Il n’y a un truc pas clair. Si c’est un rêve c’est vachement bien fait. J'aperçois une porte, je l’ouvre doucement de peur de voir apparaître un cauchemar de l’autre côté. Non c’est une salle de bain. J’ouvre le robinet et me verse un peu d’eau sur le visage et la nuque. Je tâtonne à la recherche d’une serviette. C’est d’abord un interrupteur que je trouve. Je garde les yeux fermés et appuie sur le bouton. Entrouvrant légèrement les yeux, j’aperçois une serviette à porter de main. Je me frotte le visage, la nuque et me redresse au-dessus du lavabo. Et là, je tombe nez à nez avec un inconnu. Enfin par tant que çà, c’est le mec au roadster. Il me regarde lui aussi avec un regard plein de surprise. Il porte lui aussi çà main à la bouche dans un signe de stupeur. Le con, il m'imite !
En fait, cet homme est le reflet que me renvoie le miroir. Je pense immédiatement à la fameuse réplique "je est un autre". J’entends alors des bruits de pas frôler le sol. Qu'est-ce qu'il va encore apparaitre, hein ? A l’encadrement de la porte apparaît ma belle du métro, le corps nu entouré dans un drap comme une déesse antique. Elle me sourit et me dit dans un murmure : " Çà va, mon chéri ? Tu viens de te recoucher…".

Çà va, çà va… euh non en fait, pas vraiment. Je me réveille au bord de la mer, dans la peau d’un autre et en la compagnie d’une superbe femme croisée la veille dans le métro. Non c’est sûr qu’il y a quelques choses de gênant dans cette situation. Enfin gênant, n’est pas vraiment le mot, disons plutôt quelque chose de singulier. Je me regarde à nouveau dans la glace avec un sourire un peu ahuri. Puis je retourne m’allonger dans le lit un peu gêné de duper cette femme en ayant pris la place et l’identité de son homme. Mais elle allonge un bras sur mon torse et se serre contre moi. Une petite poussée de sève vient durcir ma verge. Ok, çà semble un poil exagéré mais j’aimerai bien te voir lorsque tu vivras un fantasme. D’ailleurs soudainement j’oublie tout çà et me plonge dans l’expectative. Est-ce un rêve que je suis en train de vivre ? Assurément, cela a tout du fantasmagorique. Mais pourtant tout semble si réel. Est-ce que lorsque l’on rêve, on s’attache au bruit des vagues ou même au grincement du parquet sous ses pieds. Non je ne crois pas, je ne rêve pas, je ne sais pas ce qu’il m’arrive mais ce n’est pas un rêve. Et c'est sur ce dernier constat que Morphée vient me prendre dans ses bras.

"France Info, il est 7h00. Les titres du journal…". Ma nuit s’achève avec mon radio réveil qui me hurle dans les oreilles les déprimantes nouvelles de la journée. Guerres, terrorismes, cataclysmes, chômage, la météo et les résultats du foot. Je m’extirpe des draps, me soulève. Personne à côté de moi. Je suis dans ce qui semble bien être ma chambre, à Paris. Je vais jeter un œil à la fenêtre pour m’en persuader. C’est bien ma rue déjà embouteillée par la circulation et les éboueurs. D’ailleurs ma moquette est un peu mouillée. Mais ce n’est assurément pas dû aux embruns. J’allume ma cafetière. Je rejoins la salle de bain pour me passer un peu d’eau sur le visage et la nuque, et j’enfonce ma tête dans une serviette. Intérieurement je croise les doigts pour que je tombe sur cet autre que j’étais lorsque je me regarderai dans la glace. Je me libère de la serviette et je tombe sur moi-même. Rien de surprenant à cela. Et pourtant je suis vraiment déçu. Revenant dans la cuisine, je me sers une tasse de café. Je sors une clope de mon paquet. Tiens la dernière. Et regardant mon reflet dans sur la vitre comme si c’était celui d’un inconnu, je laisse mon corps s’enivrer de caféine et de nicotine.

To be continued…

Par piloup - Publié dans : Schizocérose
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Dimanche 13 août 2006
Schizocérose - Journal d'un rêve éveillé...
Une nouvelle histoire dans les bacs de l'eTR !
Par piloup - Publié dans : Schizocérose
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Dimanche 13 août 2006

La Grande Cambriole - The End

Toutes les histoires ont une fin. Celle de la Grande Cambriole touche à la sienne. C’est une histoire sans fin, c’est une histoire du passé.
Elle est restée trop longtemps dans un placard.
Maintenant ce n’est que poussière et toile d’araignée.
Et je me voyais mal repartir sur cette histoire qui faisait vaguement écho à un passé révolu.
C’est une fin peu glorieuse. Il n’y aura plus de "To be continued" !
Et puis un nouvel idée à germer. Ce sera l’histoire eTRienne de l’année 2006 : C’est Schizocérose !

Par piloup - Publié dans : La Grande Cambriole
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Mardi 1 août 2006
Un kochon orisinal
Les p'tits kochons pendus au plafond, c'est ici !
Et pour d'autres jeux orisinaux, c'est !

Attention toutefois, vous risquez de devenir accroc !
Par piloup - Publié dans : Bric-à-blog
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Jeudi 20 juillet 2006
Par piloup - Publié dans : Bric-à-blog
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