« Et ce soir, d’ici quelques secondes nous apprendrons le vainqueur de l’élection présidentielle.
Ah, voilà le portrait apparaît… c’est Nicolas Wazowski !
Avec 56,3 % des votes, monsieur Wazowski est le nouveau président des Français. »
Dominique Codaccio de Villemain souriait en regardant le résultat sans appel s’afficher sur l’écran. Pourtant lui qui était, il y a encore trois mois, présidentiable, ne devrait pas se réjouir de sa défaite. Il saisit son téléphone et composa un numéro. Au bout de cinq sonneries, une voix l’invita à laisser un message sur le répondeur.
- « Allo, Nicolas, c’est Dominique. Je tiens à te féliciter pour ton élection. Maintenant que tu es président, tu vas enfin pouvoir appliquer ton idéologie. N’oublie pas quand même tes vieux amis. »
Il raccrocha et se remémora les événements qui avait conduit à cette victoire sans équivoque.
C’était il y a un peu plus d’un an, que l’avenir de la France s’était joué. Nicolas Wazowski était venu le voir pour aborder avec lui son avenir politique
- « Dominique, j’ai besoin de ton soutien. J’ai beau être au sommet de l’UNP [Union Nationale Populaire], je n’arrive pas à me démarquer dans les sondages. Les Français hésitent et leurs intentions de vote suivent le cours des événements relatés le soir au JT. Et pourtant, il n’y a pas de coalition, ni à droite, ni à gauche, donc tout est encore jouable et j’ai besoin d’un coup de pouce de ta part pour çà. - Je ne comprends pas, j’avais l’impression que les portes t’étaient grandes ouvertes pour obtenir le pouvoir comme en 1933. Du populisme à la sauce française.
- Ah, ah, ah… je sais que mes annonces dans la presse et les JT sont un peu tapageurs.
- : m’attaquer à tous ce qui fait peur au peuple est le meilleur moyen d’accéder au pouvoir. Après les immigrés et l’intégration, les juges et les politiques, je pensais voir ma côte monter. Mais je ne comprends pas, les opposants cassent cette dynamique. Il me traite de populiste et cela effraie les plus faibles de mon électorat. J’ai besoin de plus de crédibilité. J’ai besoin de paraître vraiment comme le sauveur.
- Tu veux le rôle du rédempteur. Je peux t’aider à le devenir.
- Tu le ferais ? Tu veux quoi en échange.
- Oh, quatre fois rien. Un poste correcte dans ta nouvelle équipe et un petit virement sur un compte off-shore en Suisse ou dans les Caraïbes.
- Une place, c’est okay. Mais le virement, c’est une autre histoire…
- Mais non, il te suffit juste de faire une petite transaction à partit des comptes qui financent l’UNP. Finalement, je t’aide à gagner les élections.
- D’accord, çà marche ! Bon maintenant, tu m’expliques ta stratégie… »
L’affaire avait été montée de toute pièce, avec le soutient actif des services secrets. Un Watergate à la française !
Dans un premier temps, il s’agissait de créer une fausse affaire de malversations et de détournements d’argent. L’affaire devait toucher une partie de la sphère politique et bien évidemment le médiatique Nicolas Wazowski. Quelques faux relevés de compte trafiqués, un corbeau à langue bien pendue et l’affaire était dans le sac !
Après, on avait contacté quelques journalistes affamés d’affaires politico-financières et enfin l’affaire Cleanstream était sortie aux grands jours.
Elle avait défrayée les chroniques. Jour après jour, pour le Français moyen, cet imbroglio devenait de plus en plus louche. Et pourtant tout était parfaitement orchestré.
Première étape, accuser Nicolas Wazowski de tremper dans une affaire louche. Et alors que l’avenir s’assombrit pour son avenir politique et que sa côte de popularité sombre désespéramment, on lance la seconde étape. Elle consiste en un grand revirement de situation. La malversation devient en fait un complot politique visant à réduire la position de Nicolas Wazowski à néant. Et là, le français s’identifie tout les soirs en regardant le JT pendant le repas, à cette homme anéanti, qui remonte petit à petit et fait tout pour dénoncer le scandale.
Dominique Codaccio de Villemain s’était lui-même mouillé dans le complot. Il avait signé son arrêt de mort pour la campagne présidentielle : un véritable suicide politique au profit bien évidemment de Nicolas Wazowski.
Et voilà, le peuple, manipulé par les journalistes, manipulés eux même par les comploteurs, avait donné tout son soutien à Nicolas Wazowski. Telle était la conclusion logique, un an plus tard : Nicolas Wazowski était devenu président et Dominique Codaccio de Villemain avait un compte anonyme bien renfloué pour finir ses jours dans le faste.
NdA : Je voulais rendre un petit hommage à Mike Wazowski pour avoir gentiment prêté son nom
D'ailleurs, c'est assez drôle ce que l'on peut trouver sur Google en cherchant "Wazowski" : On peut bien évidemment trouver "The Mike Wazowski Fanlisting". Mais plus suprenant est un Mike Wazowski qui vend "A million dollar pixel"... ce qui me laisse dire : that's fucking expensive, I can't afford it !
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La Finlande çà fait un peu loin pour faire le plein ou donner un coup d'éponge...
les papotes