Nature, chasse et pêche : le bigophone cendré à crête huppée
Alors que l’hiver sonne à la porte, que les journées s’étiolent, que les grèves fleurissent et que les bureaux sont désertés de plus en plus tôt, on peut entendre en fin de journée dans les bureaux les feulements distinctifs du bigophone cendré à crête huppée.
C’est effectivement durant cette période de l’année que le bigophone cendré à crête huppée (de son nom latin telephonicus filarus) entre dans la période des amours. Le calme des bureaux est soudainement troublé en fin de journée par le brame du bigophone en rut. Si vous avez la chance d’être dans un terroir propice (bureaux plus ou moins ouvert avec un standard), vous aurez la chance d’entre plusieurs mâles sonnant à tue-tête dans le vide dans le vain espoir d’attirer les charmes d’une femelle. Vous avez ainsi la joie d’entendre le merveilleux concert de plusieurs bigophones cendrés à crête huppée. Alors, peut être, vous entendrez en réponse, le carillon (le nom de ce chant) plus aiguë de la femelle. Si vous tendez l’oreille vous pourrez distinguer les nombreux bigophones cendrés à crête huppée et la variation de leur chant mélodieux. Qui n’est pas insensible à ce spectacle, a envie d’y participer en sifflant à s’époumoner la sonnerie (ou carillon) du bigophone dans le vain espoir d’attirer son attention.

Bigophone cendré à crête huppée
La journée, lorsque les bureaux sont un peu plus peuplés, ils s’avèrent que le bigophone cendré à crête huppé est plus discret : la présence de dangereux prédateurs dans l’environnement réduisent souvent le champs mélodieux à quelques égosillements. Le standardiste (standardicus accueillus) sévit la journée tandis que la nuit et suivant les terroirs, c’est le répondeur (repondus automaticus) qui perturbe la parade nuptiale des bigophones cendrés à crête huppée.
Concernant le régime alimentaire du bigophone cendré à crête huppée, il s’avère être lui aussi peu commun : le bigophone cendré à crête huppée est papotovore. Il se nourrit ainsi essentiellement de bavardages, de papotages et parfois de conversations professionnelles.
Enfin il s’avère que l’on peut trouver dans la nature, en dehors du territoire spécifique du bureau, des cousins du bigophone cendré à crête huppée : ce sont les portables ortolans à crête bloutouf (telephonicus portabilis). C’est une espèce moins grégaire et plus nomade. Ils ont des ramages beaucoup plus diversifiés et flamboyants que leur cousin sédentaire. De même leur chant est plus varié : cela va du monocorde (de plus en plus rare dans nos régions) au stéréophonique. On connaît l’existence d’un spécimen vibreur qui au lieu de chanter, fait vibrer son larynx ce qui donne un bourdonnement sourd.

Portable ortolan à crête bloutouf
L’environnement des portables ortolans à crête bloutouf est plus diversifié : Si la journée, ils nichent souvent dans une poche ou parfois accrochés à une ceinture, en début de journée et en fin de journée, ce sont les périodes des grandes migrations des portables ortolans et on peut alors les apercevoir dans les rues, les voitures, les transports en commun. En fait petit à petit, les portables ortolans envahissent l’environnement : on a parlé à une époque de peste des cellulaires. On a ainsi vainement essayé de les chasser des voitures, mais ils prolifèrent toujours plus. Ils ont un cycle de reproduction plus court et sont plus sensibles à leur environnement que leur cousin (un simple coup peut être mortel). Mais tels les insectes, leur surpopulation et leur forte natalité compensent largement leur fragilité et font perdurer l’espèce.