Fiches de lecture

Publié le par piloup

Hi, hi… çà me rappelle ma prime jeunesse. De l’époque où lire était une corvée et faire une "fiche de lecture" un calvaire.
Jusqu’au jour (c’était en troisième) où un invraisemblable prof de français a eu trois bonnes idées : alimenter une liste de lecture avec des livres de tout genre et tout temps (mon premier Pennac et non le dernier), nous présenter succinctement les livres avec une véritable verve et enfin de nous donner le choix de piocher dans cette liste de livres ou de présenter des livres qui nous avaient passionné (une fiche de lecture sur le seigneur des anneaux, il fallait oser).
C’était un prof un peu subversif dans le genre de celui des Pouètes pouètes Disparus mais en moins gnangnan et plus drôle. Le genre de prof que même les cancres ne peuvent pas apprécier. A lui, je dois moi frénésie bouquinivore. Flaubert, Balzac, Zola, Stendhal et compagnie peuvent aller se rhabiller !

Et après… de Guillaume Musso
Une sorte de quête initiatique et intérieure bien écrite, avec tous les ingrédients : amour, violence, sentiments forts et un poil de suspens pour vous tenir en haleine. Çà se lit comme des petits pains. C’est bien écrit, clair et vraiment plaisant à lire.
Un bouquin qui sera peut être plus apprécié par la gente féminine (c’est d’ailleurs une amie qui me l’avait indiqué).

Le gentilhomme au pourpoint jaune d’Arturo Pérez-Reverte
Qui ne connaît pas le Capitaine Alatriste, ignore l’existence d’un succulent personnage. Pérez-Reverte a le merveilleux talent, en jouant parfois sur un style un peu suranné et avec un vocabulaire exotique, de nous ramener en un autre temps (17ième siècle) et en un autre lieu (l’Espagne) et donne à ce roman de capes et d’épées une véritable patine.
Là encore, les ingrédients d’un gros succès sont là mais pesés savamment. Il y a une certaine poésie dans ces pages. C’est très très joliment écrit et là aussi çà se dévore aussi bien qu’un bon film. A noter que ceci est le cinquième volume des aventures du Capitaine Alatriste et pourtant je ne m’en lasse pas.
Pour ceux qui seraient peu attirés par les lames ensanglantées et les auberges crasseuses, La Peau du tambour est un excellent polar contemporain et c’est aussi du même auteur. Ah quand on sait écrire, on peut faire tous les styles !

Corto Maltese d’Hugo Pratt
La curiosité, ma sympathie pour le personnage, et la portabilité d’un bouquin par rapport à une BD, m’avaient conduit à cet achat. Je n’en suis pas déçu. Hugo Pratt arrive à retranscrire dans ses mots la poésie des ses dessins et de ses bulles.
Comment fait-il ? Je l’ignore mais on a vraiment parfois l’impression de voir les images se dessinaient devant nos yeux. C’est assurément très respectueux de la bande-dessinée dans le style et l’intrigue. Des voiles de mystères dissimulent encore la personnalité énigmatique, poétique et un peu anarchique de Corto.
Enfin c’est là aussi un vrai régal à lire dans un style différent des deux précédents.

Conclusion : Une petite dizaine de jours pour lire trois bouquins… et il ne me reste plus qu’un bouquin en stock. Il a intérêt à ne pas être décevant et avec ce que je viens de lire, le niveau est assez élevé !

[Post edit du 20 novembre 2005]
Un petit commentaire sur ma dernière lecture, Le Diable s'habille en Prada de Lauren Weisbeger. Je n'en suis qu'à une petite centaine de pages mais c'est vraiment succulent. Dans un style complètement différent de mes précédentes lectures, on a droit à une petite introduction satyrique (et semble t'il un peu bibliographique) dans le monde de la presse "fashion". Beaucoup d'ironie, d'humour et de sarcasme. C'est un peu acide mais terriblement drôle à lire les déboires de cette jeune femme qui voulait faire du journalisme et se retrouve propulsée assistante d'une rédactrice en chef d'un magazine de mode un poil mégalomane.
Bizarrement et bien que je ne taffe pas du tout dans ce milieu je m'y retrouve un peu... çà me rappelle mes débuts à Paris et les changements entre mon ancien mode de vie provincial et étudiant et mon univers où se croisent costards cravates, petits tailleurs ou fringues fashion. Un monde où les apparences sont trompeuses, un monde codifié où il faut entrer dans le moule pour peu de paraître comme un bouseux de campagnard, échappé du zoo de Vincennes...

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Publié dans legi - vidi - audiui

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