Il fait bon vivre à la verticale de l'été
Hier divaguant sur la toile, je tombe sur le sympathique blog de Kim avec sa radio des plus plaisantes. Assouvissant mes esgourdes de ces sons enchanteurs, voilà que glissent sur l’air quelques notes de guitare, un tapotis de maracasse et une voix suave. A n’en pas douter voilà ce que m’évoque cette image sonore :
La chanson est Pale Blue Eyes du Velvet Underground et pour ceux que leur culturelle cinématographique ou les hasards de la vie ne les ont pas menés jusque là, cette photo est extraite du film A la verticale de l’été (Tran Anh Hung, 2000).
Me concernant, je n’avais jamais entendu parlé de ce film jusqu’au soir, où vautrés devant la petite lucarne et Canal+, ma frangine et moi même, voilà qu’il apparaît à l’écran devant nos yeux gonflés de fatigue. Ce devait être pas loin de minuit voir plus, mais nous étions dans un état tellement comateux que l’on a regardé le film jusqu’au bout. Si nous étions scotchés, c’est que nous avons attendu jusqu’à la fin que l’action débute mais rien n’a vraiment changé. C’est aussi parce que nous étions subjugués par la beauté de ce film. Et à la fin, on a tous les deux conclu au même constat : c’était un très beau film même si il ne se passe vraiment rien. Et on en a rit, pas du film, mais de s’être fait la même remarque et aussi de notre pitoyable état larvaire qui nous avait conduit à rester scotchés à la TV malgré la fatigue.
Et oui, A la verticale de l’été est un film à contempler. Esthétiquement, il est d’une rare beauté et la musique du Velvet Underground y participe fortement. En fait en voyant ces images qui respirent la tranquillité et l’harmonie, il y a un effet complètement apaisant, plus fort qu’un antidépresseur. Un film zen par nature et par origine. La première photo fait référence au tout début du film : celui-ci commence en même temps que le jour et le réveil paisible et langoureux d’une frangine et d’un frangin (est-ce que cela a fait écho à notre situation ??…). Cela semble durer une éternité, rien ne se brusque mais c’est tellement beau que l’on en redemande (et on est resservis !).
Enfin j’avoue avoir gardé un très bon souvenir de cette scène de réveil. J’irai même jusqu’à dire que j’ai gardé un souvenir assez ému de ce film. Il y avait quelque chose d’harmonieux ce soir là et ce film contribuait à la plénitude de ce moment et au rapprochement entre deux personnes. Il est des films qui laissent des traces indélébiles…