Episode 1: Quelque part au dessus de la Méditerranée
A l’horizon, le soleil pointait ses derniers rayons ardents, enflammant le ciel méditerranéen d’un panache de couleurs rouge-orangées. Dans son jet privé, Lino Lothain n’était pas du tout captivé par le spectacle que lui offrait la nature. 2L, comme il aimait à se faire appeler dans la milieu, avait son regard bleu acier profondément rivé sur un petit écran vidéo. Confortablement assis dans un fauteuil en cuir moelleux, il ruminait de sombres idées…
« Ocean’s eleven… pfff un nom ridicule pour un film tout aussi ridicule. Mais ils se prennent pour qui ses amerlocs. Comme si leur histoire de cambriolage était crédible ! Ah çà me fait bien rire. Ils sont bons pour faire des films grand public, mais quand il s’agit de monter un gros coup, c’est tous des incapables. Al Capone, lui au moins c’était un gars qui avait tout compris. On n’a peut être pas les moyens, nous les français, mais quand il s’agit de passer à l’acte, on sait y faire. »
Lino se servit un verre d’un grand cru de la Vallée du Rhône, et jeta un regard furtif à travers le hublot.
- - « Freddy, on arrive bientôt ? s’exclama t’il soudain de sa voix rocailleuse.
- - Dans une heure, 2L répondit une voix venant du cockpit, et ajoutant avec empressement : La voiture nous attend déjà à l’aéroport, on est dans les temps, patron ! »
Lino revenait d’Afrique. Comme tous les mois, il rendait visite à ses « commerciaux » pour voir comment se déroulait son trafic d’armes. Il en avait profité, comme à l’accoutumé, de s’offrir du bon temps en faisant un petit safari puisque les affaires marchaient toujours aussi bien. Et pour l’occasion, il ramenait avec lui, en plus de ses trophées de chasse, un lionceau dont il avait abattu la mère. Cela ferait un joli cadeau pour ses filles adorées. Et lorsqu’il sera plus grand, que ses instincts de prédateur sauvage se seront développés, il pourrait toujours servir à impressionner ses associés et ses rivaux du milieu.
Satisfait de son voyage, il se remit à feuilleter avec nonchalance un journal politico-économique. Il tomba immédiatement sur une publication du Consortium des Banques Fédérées. Le CBF annonçait vouloir uniformiser son système de gestion informatisée suite à sa fusion avec un grand groupe bancaire belge et lançait à cette occasion un grand appel d'offre pour les sociétés dans le domaine des technologies de l'information, les fameuses SSII.
Tout en lisant cette annonce, une idée germa dans l’esprit torturé et machiavélique de 2L.
« Et si c’était l’occasion rêvée de faire le casse du siècle et montrer à ces blancs becs d’américains qui sont les meilleurs ! »
La machine était en marche et plus rien ne pourrait arrêter Lino Lothain.